EMOTION NON VERBALE



Les émotions posent aux sciences du langage un problème constant .


Pour reprendre une formule de Catherine Kerbrat-Orecchioni, le « langage émotionnel » investit des « moyens » qui sont d'une « fantastique diversité », au point qu'on a « le sentiment que les émotions sont à la fois dans le langage partout, et nulle part ».

Dans ce contexte, l'un des défis actuels de l'étude du « langage émotionnel » semble être d'élaborer un modèle d'analyse global de la sémiotisation des émotions, destiné àla description des données discursives.

Afin d'avancer dans une telle direction, il est utile de commencer par tenter d'identifier un nombre limité de modes de sémiotisation de l'émotion, c'est-à-dire de manières selon lesquelles l'émotion peut être rendue manifeste au moyen de signes (verbaux et co-verbaux).

À partir de la catégorie englobante d'émotion sémiotisée, ce modèle repose sur une tripartition entre trois grands modes de sémiotisation : dire l'émotion, montrer l'émotion et, enfin, étayer l'émotion.

Quand on ne ressent plus d'émotions, cela signifie qu'on est coupé de soi-même. Et si vous ne ressentez plus, demandez-vous alors ce que vous ne souhaitez pas voir...

Que se passe-t-il lorsque l'on arrête complètement et de façon continue de « ressentir » les choses de la vie ?

Pour ainsi dire, notre cerveau décide de se « déconnecter », et de ne plus rien ressentir pour ne pas souffrir.

Cette faible réceptivité face aux stimulations extérieures est clairement reflétée dans le cerveau de personnes souffrant de dépression. Il s'agit de la prison du cerveau émotionnel, qui ne trouve plus de réponse aux vides de la vie, aux déceptions et à la perte d'espoir. A ce stade le corps vas générer une mise en alerte par des symptôme que l'on retrouve par récurrence.


1. Refouler une émotion,


Cela passe par des manifestations atypiques comme boire beaucoup de café, tapoter des pieds, compter dans sa tête, parler très vite, se replier sur soi/s'isoler, s'activer au ménage pour que votre chez vous soit toujours parfait., ne pas pouvoir se passer de cigarette, alcool, télévision, internet, etc.

Les stratégies pour refouler une émotion sont nombreuses et différentes, mais se reconnaissent à la compulsion. C'est bien pour cela que la réaction est un automatisme nécessaire, et la personne a du mal à s'en empêcher. Voici différentes stratégies mises en place par ceux qui ne ressentent plus, elles sont appelées "stratégies d'évitements émotionnels" :



  • Je ne montre rien »


Montrer ses émotions est un signe de faiblesse pour la plupart des gens. Même quand ses émotions sont appropriées face à un situation (deuil, rupture, choc, accident, etc.). On aura tendance à admirer une personne qui ne pleure pas, et dire d'elle qu'elle est digne ou encore forte. Pensons-nous réellement que le courage se mesure à l'absence d'affect ? Vous noterez le manque d'objectivité.

Mais même les explosions de joie sont dérangeantes dans notre société. Que ce soit lors de l'obtention d'un contrat, vous allez alors crier votre joie et on va vous demander de vous calmer ou de ne pas vous exciter, etc. On vous demandera même de rester digne, comme si la dignité avait quelque chose à voir... Les regards de travers quand on exprime ses émotions devant les autres vont bon train. Alors pourquoi les émotions sont dérangeantes ? Les émotions font peur car elles nous confrontent à la réalité, une réalité qu'on ne préfèrerait pas voir, mais les émotions, elles, nous obligent à la vérité.


  • "Je n'ai pas de problème »


Certaines personnes ont aussi peur de leurs propres affects, aussi face à des questions de la famille, de proches ou de leurs enfants qui les dérangent, elles répondront "cela me regarde" ou encore "c'est personnel".

Certaines autres personnes ne ressentent réellement plus rien, elles n'ont plus d'accès conscient à leurs émotions et ne savent même pas que l'on peut vivre autrement.

En réalité dire "je n'ai pas de problèmes" revient à dire "je ne veux pas me poser de questions". Nous comprenons tous alors que ce n'est pas la meilleure des choses à faire pour trouver des réponses.

Si l'on peut taire un temps ses angoisses, ses problèmes, ses doutes, ses peurs, ils vous rattraperont forcément un jour ou l'autre.

De quelles façons ? Ils s'inscrivent dans votre corps, peuvent se transformer en maladie ou encore se répercuter sur votre descendance.

Ces personnes sans problèmes sont-elles heureuses ? Non .

Ce n'est pas la meilleure voie pour trouver des réponses. On peut faire taire un temps les angoisses existentielles en travaillant dur ou en jouant au bridge.

Cependant, elles vous rattrapent un jour. Elles s'inscrivent dans le corps ou étreignent votre descendance.

Ceux qui vous annonce " je n'ai pas de problème " sont-ils heureux ? Je ne pense pas. Il est vrai qu'ils ne le savent pas. Ils n'ont peut-être jamais goûté au vrai bonheur. Ainsi, ils préfèrent l'illusion de sécurité que confère une identité figée "je suis comme ça". C'est pourquoi, ils se sont résignés et suivent la route qui leur est tracée. Ils pensent que la vie est ainsi faite. Jusqu'à ce qu'ils tombent amoureux ou malades. D'autres ont moins de chance et découvrent le monde des émotions par l'intermédiaire de la souffrance. Faillite, chômage, divorce, accident...

Certains ont si peur de leurs affects qu'ils refusent de répondre aux remarques d'autrui ou aux demandes de leurs enfants. Ils taisent leur intimité : "Ça me regarde". D'autre ne ressentent tout simplement plus rien "je ne ressens pas d'émotions", ils n'ont pl

us d'accès conscient à leurs émotions et n'ont jamais entendu dire que l'on pouvait vivre autrement.

"Je n'ai pas de problème" est alors un équivalent de "je ne veux pas me poser de questions". Ce n'est pas la meilleure voie pour trouver des réponses. On peut faire taire un temps les angoisses existentielles en travaillant dur ou en jouant au bridge. Cependant, elles vous rattrapent un jour. Elles s'inscrivent dans le corps ou étreignent votre descendance.




  • "Je ne ressens rien »

Des recherches sont venues démontrer que les gens en apparence inexpressifs sont en réalité plus réactifs physiologiquement que les autres personnes. Alors ces personnes inhibent-elles leurs émotions ou ne ressentent-elles vraiment rien ?

Cette question reste toujours sans réponse.

Dans tous les cas, elles ont beau être durs à l'extérieur, elles sont tendres à l'intérieur.

Par ailleurs, réprimer ses émotions, ou encore le stress, consomme beaucoup d'énergie et altère la conscience de la réalité.

Mais ne rien ressentir pour ne plus souffrir n'est pas un mécanisme sain avec lequel on peut vivre. Si ce mécanisme vous permet de « survivre », vous resterez toujours vide à l'intérieur.

Alors si vous êtes anesthésié(e) contre la douleur, c'est le moment de vous demander de quoi vous avez besoin. Et si vous décidiez de développer votre conscience émotionnelle ?

C'est la capacité à ressentir et reconnaître ses émotions. Un thérapeute peut vous aider dans ce travail et vous permettre d'être en accord avec ce que vous ressentez.

Si je ne ressens pas d'émotions c'est parce que je suis coupé de moi-même.

Certainement parce que vous êtes trop dans votre mental et pas assez dans votre corps.

En effet, notre esprit nous donne beaucoup d'information sur notre environnement. Or, beaucoup de personne ne savent pas que parler vite, se ronger les ongles, fumer une cigarette, etc. permettent de dissimuler une émotion et ne pas percevoir ce qu'il se passe en soi. Ces comportements sont automatiques et inconscients. La stratégie est, je me donne une stimulation pour distraire mon attention.

Certains comportements peuvent prendre la place d'une émotion au point d'en annuler toute conscience. Quand la personne est consciente de juguler quelques choses en elle, elle appelle volontiers ses sensations: stress ou angoisse. Un mot générique qui englobe son ressenti, et maintient dans l'inconscient les véritables émotions cachées.




Quand vous pensez "Je ne ressens pas d'émotions" vous devriez vous demandez "qu'est ce que je ne veux pas voir?"

Je ne montre rien

Sur une petite route à deux voix surgit un danger. Deux voitures côte à côte, l'une en train de doubler l'autre. Pour Sandrine, le temps s'arrête. Sous l'effet de la peur tous ses muscles sont mobilisés et ses sens en alerte, elle vit chaque milliseconde de l'accident comme si ses facultés étaient démultipliées. "Bim" Choc, "Bam" double choc...

Elle a donné le bon coup de volant. Néanmoins, son véhicule est en miettes. Mais, elle est en vie.

Tous sortent péniblement de leurs véhicules, choqués mais indemnes. Sandrine réalise enfin que le danger est terminé, elle s'appuie contre sa voiture, se met à trembler et à hurler. Elle crie pour exprimer sa peur, se libérer de ses tensions.

Fred, lui, fait le fort. En regardant Sandrine, il ne comprend pas cette façon de se donner en spectacle. Fred ne nie pas qu'il ait eu peur au moment du choc. Mais à quoi bon hurler ainsi, alors qu'ils sont sain et sauf ?

Après quelques minutes de pleurs et de tremblements, le calme revient dans l'organisme et le psychisme de Sandrine. Pour elle l'incident est clos. Dans quelques heures, elle pourra reprendre un volant et conduire avec confiance.

Fred est resté de marbre. Cependant, faute d'être reconnue et exprimée, la tension s'est imprimée en lui. Il va faire des cauchemars pendant des mois, revivant l'accident dès qu'il fermera les yeux. Comme il refuse de prendre conscience de l'impact émotionnel de l'événement, son inconscient le lui représentera nuit après nuit...

Pour la plupart des gens, il est inconvenant de montrer ses émotions en public. Même quand ils sont appropriés, après un accident grave, un choc affectif, une rupture ou un deuil.

On admire la veuve qui suit, stoïque et digne, sans une larme, le cortège funèbre de son marie. "Elle est forte". Comme si le courage se mesurait à l'absence d'affect.

Même les explosions de joie dérangent. En effet, si après avoir décroché un gros contrat, vous sautez de joie en criant, on vous regardera de travers "Tu es bien excité, calme-toi !" "Chut, tais-toi! N'aies pas peur, ne pleures pas, ne te mets pas dans des états pareils...". Il faudrait rester doux et tranquille en toute circonstance, jamais un mot plus haut que l'autre.

D'où vient que l'émotion est dérangeante? Le déni des émotions sert la passivité, la déresponsabilisait et le maintien du statu quo.

C'est pourquoi, les émotions font peur parce qu'elles nous confrontent à une réalité qu'on préfèrerait ne pas voir, elle nous oblige à la vérité.

Certains ont si peur de leurs affects qu'ils refusent de répondre aux remarques d'autrui ou aux demandes de leurs enfants. Ils taisent leur intimité : "Ça me regarde". D'autre ne ressentent tout simplement plus rien "je ne ressens pas d'émotions", ils n'ont plus d'accès conscient à leurs émotions et n'ont jamais entendu dire que l'on pouvait vivre autrement.



2. Je ne ressens pas d'émotions, non verbale...

De nombreuses recherches ont montré que les gens apparemment inexpressifs sont en réalité plus réactifs physiologiquement que les autres. Inhibent-ils leurs réactions émotives ou ne ressentent-ils rien? Certaines personnes se défendent de "l'accusation" de dissimulation et disent ne plus rien ressentir. "je ne ressens pas d'émotions" ce n'est pas possible. A moins d'être un yogi très entraîné, il est impossible de contrôler consciemment la température de sa peau, les pulsations de son pouls,...

C'est donc un fait avéré, ils vibrent sous la carapace. Durs à l'extérieur, ils sont tendres à l'intérieur. En effet, ils présentent un visage neutre, ils nient le stress mais réprimer, consomme beaucoup d'énergie et altère leur conscience de la réalité.


Je ne ressens pas d'émotions...Avez-vous conscience de vos stratégies pour ne pas les ressentir ?

La toute première étape serait, dans un premier temps, de prendre conscience de votre corps et de ses manifestations. Essayez de focaliser votre attention, durant toute une journée, sur ce qui se passe en vous. Commencez d'abord sur vos sensations corporelles, puis plus tard sur vos émotions...

« Par exemple, prenez un instant pour "écouter" votre corps. Mettez des mots sur vos sensations corporelles : "J'ai chaud", "j'ai froid " , " je sens des picotements dans mon pied droit", " je ressens une tension dans la nuque, mon cœur bat " , ...

« C'est difficile a expliquer. Je ressens comme une boule a l'estomac. J'ai la gorge nouée, et des maux de tête »

« Que ressentez-vous ? Pensez-vous que cette personne voulait vous agresser, croyez-vous avoir du ressentiment a son égard ? »

Le patient plisse le front, le regard vague. « Je ne sais pas. Je ne comprends pas.

Qu'entendez-vous par ressentiment ? » Le thérapeute aide, depuis des semaines, ce patient a greffer des mots sur ses états émotionnels. Un phénomène étrange se produit :

Quand le patient évoque un épisode de sa vie, une rencontre amoureuse ou un conflit familial, il décrit en détail ses sensations physiques, mais ne trouve pas les mots pour décrire son ressenti.

Un tel trouble est nommé alexithymie : c'est l'incapacité d'identifier ses propres émotions. Pourtant, si l'on mesure les paramètres physiologiques du patient, ses battements cardiaques ou la présence de sueur a la surface de sa peau, on constate que des émotions sont bien présentes, puisqu'elles déclenchent des manifestations physiologiques. Tout se passe comme si la personne ne pouvait en prendre conscience ni les exprimer. »

On évalue a 15 pour cent la proportion de la population présentant une alexithymie.

Qui n'a jamais côtoyé ces personnes « taciturnes », « au grand coeur et a l'épaisse carapace » ? Ce sont des hommes, surtout, qui paraissent désemparés des qu'il s'agit de confier leurs émotions. Depuis 30 ans, on s'interroge sur les causes de ce trouble, dont les conséquences sont parfois très handicapantes.

A sa sortie du cabinet médical, le patient retourne a sa vie de famille, a ses relations, a ses connaissances. Les soirées mondaines lui sont pénibles, car il éprouve des difficultés a établir des liens avec autrui, a identifier ce qu'éprouvent ses interlocuteurs, a deviner quelles réactions émotionnelles suscite en eux son discours.

Au domicile familial, lorsqu'une dispute se profile, il change de sujet ou s'isole dans une autre pièce : il sait qu'il ne sera pas a l'aise pour « exprimer ce qu'il a sur le coeur », que les mots ne viendront pas. Le plus souvent, lorsque la situation devient trop tendue, il fond en larmes ou explose de colère, seules manifestations de ce qui se noue dans son cerveau émotionnel.

Il se heurte a un immense vide dés qu'il faut parler de tendresse, de jalousie, de méfiance, de tout ce monde des émotions et des termes qui leur sont associés.

Ces patients disposent de très faibles capacités d'introspection sur leurs propres états affectifs, ce qui rend superficiels les échanges avec le psychothérapeute : les psychothérapies glissent sur eux comme de l'eau sur des plumes d'oiseau. Le psychothérapeute parle de « relation blanche », sans valeur émotionnelle, monocorde, ou encore de la mentalisation précaire.

D'après son entourage, le patient se soucie beaucoup de son corps : ne sachant identifier cette sensation qui lui provient de la gorge, du coeur, de l'estomac, des poils qui se dressent sur sa peau, il y prête attention comme a un phénomène étranger, déroutant. On le qualifie même parfois d'hypocondriaque (personne qui manifeste un excès d'anxiété vis-a-vis de sa santé). Parfois, on le décrit comme manquant de créativité, d'humour, de flexibilité.

Comment les émotions accèdent-elles a la conscience ? Quelle corde s'est brisée chez les personnes alexithymiques ? Comment les aider ? Récemment, nous avons examiné les caractéristiques de l'activité cérébrale de patients alexithymiques. Nous avons noté des anomalies dans une zone qui relierait le creuset des émotions et la zone cérébrale qui prend connaissance de ces émotions, qui les analyse et les formule.




3. Un trouble ancré dans l'enfance ?


L'alexithymie est un défaut de « mentalisation » des émotions : les sensations corporelles sont peu ou pas associées a des états mentaux. Il faut vraisemblablement en chercher les causes dans la prime enfance. Le jeune enfant, n'ayant pas encore d'états mentaux hiérarchisés et associés a des concepts ou  des mots, aborde le monde des émotions par le biais de son corps. S'il a faim, il sent une douleur  a l'estomac ; s'il a peur de perdre sa mère, il sent sa gorge se nouer, des larmes lui monter aux yeux. Plus tard, des sentiments d'envie ou de colère se manifestent également par des sensations corporelles.

Puis l'âge vient, ou il lui faut ordonner ces perceptions organiques en un tout cohérent, apprendre que les autres personnes éprouvent des choses semblables, et trouver un code commun pour les identifier chez soi et chez autrui, afin de devenir un être social et réfléchi.


Les parents jouent un rôle important dans cette évolution : la mère guide par des mots l'enfant sur le chemin de cette mentalisation. Elle lui demande : « Tu as faim ? », ou « Tu es triste ? », et ces questions canalisent en quelque sorte les sensations physiques, leur apposent des étiquettes qui serviront a les identifier et a les communiquer. Dans le cerveau de l'enfant, l'information passe des centres de perception des émotions, le système limbique, localisé dans les zones profondes du cerveau, aux centres de catégorisation, de réflexion, de langage et de perception auditive, situés dans le cortex, la partie externe du cerveau.

Les échanges entre la mère et l'enfant sont probablement déterminants pour la création d'une bonne « banque d'émotions » chez l'enfant, c'est-a-dire d'un vaste répertoire de sensations associées a des mots ou a des pensées. Si les parents, pour une raison quelconque, telle une dépression, une personnalité fragile, une instabilité émotionnelle, ou même une alexithymie, ne donnent pas assez d'indices verbaux a l'enfant au fil des émotions qu'il éprouve, ce dernier peut être confronté a un manque de mots, qui reflète une carence de sentiments identifiés. Plus tard, il est probable qu'il se référera systématiquement a ses sensations corporelles, sans pouvoir faire accéder la sensation au plan des états mentaux, du cortex, du langage.

Selon Maurice Corcos, psychiatre a l'Institut mutualiste Montouris, chez l'enfant qui deviendra alexithymique, les expériences affectives et relationnelles, tant psychiques que corporelles, avec la mère sont exclues ; l'enfant ne pourrait les intégrer, ce qui rendrait difficile la reconnaissance en lui-même et chez l'autre de toute la gamme de l'éprouvé, de l'affect ou de l'émotion. La disponibilité psychologique de la mère vis-a-vis des états mentaux de l'enfant façonnerait les représentations qu'acquiert l'enfant de ses émotions, de son fonctionnement mental et de celui des autres, et, par conséquent, ses expériences affectives et relationnelles futures. De fait, lorsque l'on demande aux sujets alexithymique de se remémorer leur environnement affectif pendant leur l'enfance, ils le décrivent souvent comme dénué d'émotions.

L'attachement d'un enfant a sa mère est, schématiquement, de deux types. Chez certains enfants, l'attachement est de type sécurisé : l'enfant est triste quand on le sépare de sa mère, mais il peut progressivement se remettre a jouer en l'attendant, car il sait qu'elle va revenir. Chez d'autres, on parle d'attachement non sécurisé : l'enfant ne manifeste pas de tristesse apparente lorsque la mère s'en va, il refuse de participer a des jeux avec d'autres personnes, et ne se montre pas davantage heureux lorsqu'elle revient : il n'a pas appris a se fier a elle, et censure ses émotions par ce qui s'apparente a un réflexe de défense. Chez les alexithymiques, le passé affectif repose plus souvent sur une relation d'attachement non sécurisé, qui ferme la porte aux émotions.



4. Comment apprivoiser nos émotions ?


Comment apprivoiser nos émotions, comment s'adapte, se comporter face à l'émotion? Prendre du recul, être dans l'empathie, observer permettra de minimiser ou de désactiver l'automatisme qui crée l'émotion. Nous pouvons choisir notre comportement face à l'émotion.

Nous pouvons choisir de maitriser notre colère face à un comportement odieux, mais nous ne pouvons pas empêcher la colère d'exister dans ce genre d'événement. Se dire qu'on est vivant et bien apprécier nous permet aussi de nous recadrer. Nous ne pouvons pas changer l'autre, mais nous pouvons changer notre façon de voir les choses.


Il faudrait revenir à des perceptions purifiées de toutes nos projections mentales et à vivre plus en contact avec le monde.

Vivre l'émotion en direct sans être affecté par une signification quelconque du stimulus: si je vois une araignée, je vis la rencontre et je l'accueille sans être influencé par toutes les pensées phobiques associées aux danger potentiels des araignées.

Je suis dans l'émotion, le ressenti, l'authenticité.


Emotion voie courte:

Chaque fois que nous ressentons une émotion, le dégout, la peur, les bonheur, la tristesse, la sympathie et la honte et la colère, la surprise, le mépris nous favorisons notre bien être et notre survie.

Un stimulus sensoriel évoquant la présence d'un danger pour l'organisme d'abord atteindre le thalamus. De la, il sera pris en charge par la voie thalamo-amygdalienne (voie courte).

Elle véhicule une perception grossière et rapide d'une situation puisque c'est une voie sous corticale quoi ne bénéficie pas de la cognition.

C'est la route court, plus directe, qui nous permet de commencer à nous préparer à un danger potentiel, avant même de savoir exactement ce dont il s'agit. Ces précieuses fractions de secondes peuvent, dans certaines situations, faire la différence pour notre survie.

Le système orthosympathique va être stimulé: son activation prépare l'organisme à la réponse de fuite ou de lutte. il dilate les bronches, accélère l'activité cardiaque et respiratoire, dilate les pupilles, augmente la sécrétion de la sueur et de la tension artérielle, mais diminue l'activité digestive. il est associé à l'activité de deux neurotransmetteurs: la noradrénaline et l'adrénaline. 




Emotion voie longue:

L'information en provenance d'un stimulus externe atteint l'amygdale par une route longue, lente mais précise, celle qui passe par le cortex.

Celui-ci fait d'abord escale dans le thalamus, passage obligé de tous les messages captes par les sens. il est ensuite transmis aux cortex sensoriel approprié(visuel, auditif, etc) où il est évalué et acquiert une signification: Si cette signification se trouve menaçante, l'amygdale en est alors avisée et produit les réponses émotionnelles appropriées. En effet, c'est l'hippocampe qui permet en premier lieu l'apprentissage du caractère dangereux d'un objet ou d'une situation grâce à la mémoire explicite(ou on peut décrire et nommer les souvenirs comme la date de naissance, la signification d'un mot ou dece qu'on a mangé la veille). L'hippocampe est aussi particulièrement sensible à l'encodage du contexte associé à une expérience aversive: C'est lui qui fait en sorte que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur conditionnée, mais également les objets autour, la situation ou le lieu où il se trouve.

Le système parasympathique amène un ralentissement général des fonctions de l'organisme afin de conserver l'énergie. Ce qui était augmenté, dilaté ou accéléré par le système lymphatique est ici diminué, contracté et ralenti. Seuls la fonction digestive et l'appétit sexuel sont favorisés par le système.


Réf: Extrait de Catherine Kerbrat-Orecchioni ,  Le langage émotionnel du corps Roger Fiammetti.